COVID-19 : Réaménagement d'un cabinet d'orthodontie

03/06/2020

La pandémie de Covid-19, apparue en novembre 2019 en Chine et qui s’est ensuite propagée dans le monde entier, a conduit de nombreux pays à prendre des mesures sanitaires inédites. En France, un confinement de la population a été mis en place au mois de mars 2020, il aura duré près de 2 mois. Les activités économiques ont été fortement réduites, les commerces fermés. Le déconfinement qui suit est un processus progressif, au cours duquel de nombreuses mesures de protection doivent être mises en place et appliquées. C’est le cas, entre autres, pour les cabinets dentaires où certaines interventions augmentent fortement le risque d’exposition au virus, par les projections de salive.

 

Dans ce contexte, le Dr Antoine Soubrié, orthodontiste à Voisins-le-Bretonneux (78), s’est préparé à la réouverture de son cabinet en suivant les précautions additionnelles énoncées par la Fédération Française d’Orthodontie (FFO – 23 avril 2020).

 

"L'Ordre des chirurgiens dentistes a imposé des consignes strictes, préalables à la reprise d'activité des cabinets. Se basant sur les premières études scientifiques sur le COVID-19 ou celles antérieures sur les autres coronavirus, et avec comme crainte la possible contamination aéroportée, l'Ordre a défini comme "à fort risque potentiel" tous les actes utilisant des rotatifs ou ultra-sons à l'origine de projections de particules à plusieurs mètres. La préconisation est : 15 minutes d'aération entre chaque soin générant des aérosols." Dr Antoine Soubrié

 

Il a ainsi réaménagé ses installations, en déplaçant un fauteuil de consultation dans une pièce annexe, à l’origine utilisée pour le stockage et l’archivage. Elle est accessible depuis la salle principale de consultation par une ouverture sans porte. Y seront réalisées les interventions produisant un risque très élevé (détartrage ultrasonique, usage de la turbine…), dû à l’utilisation de tout instrument qui génère une surpression d’air et/ou d’eau. Outre ce réaménagement, l’adaptation de l’accueil, le nettoyage et la désinfection, les protections individuelles et les précautions opératoires, la qualité de l’air est un des éléments importants à contrôler. L’objectif est de limiter la quantité de gouttelettes dans le milieu ambiant. Mais comment s’y prendre : faut-il ventiler pendant l’acte, ou après ? Ouvrir ou fermer les fenêtres ? Utiliser un purificateur d’air ?

 

Andheo a réalisé pour le Dr Soubrié des simulations de la ventilation d’air dans son cabinet, ainsi que la diffusion des gouttelettes. Les paramètres variables de la ventilation sont les suivants :

  • La mise en route ou non de la climatisation, localisée en fond de pièce principale,

  • La fermeture ou l’ouverture des fenêtres, en ouverture classique ou oscillo-battante,

  • L’utilisation d’un purificateur d’air.

La diffusion des gouttelettes a été regardée dans différentes conditions :

  • Lors de leur projection depuis la bouche du patient (> 5 µm de diamètre),

  • Lorsqu’elles sont en suspension dans l’air (entre 0.5 et 10 µm de diamètre),

  • Lorsqu’elles sont tombées au sol et ont formé des particules résiduelles plus petites (droplet nuclei).

Les principaux enseignements des simulations sont les suivants :

  • L’usage de la climatisation, ou du purificateur d’air quelque-soit sa position dans le local, ou encore l’ouverture de fenêtre, génèrent des flux d’air entre les deux pièces. Les particules sont mises en mouvement, entraînées d’une pièce vers l’autre, et dispersées partout. Le risque de contamination se propage donc partout, c’est le contraire de l’effet souhaité.

  • L’ouverture des fenêtres, dans l’une ou l’autre des pièces, ne permet pas de contrer cet effet.

  • L’ajout d’un panneau séparateur pour créer un corridor entre les deux salles n’est pas non plus efficace.

Dans ces conditions, un aménagement supplémentaire a dû être envisagé pour isoler les atmosphères des deux pièces : la fermeture de l’accès à la pièce destinée aux soins présentant un risque élevé. D’un point de vue pratique, elle se fera par une cloison coulissante. Le protocole est alors le suivant :

  • Pendant l’acte de 15 min au maximum, tout système de ventilation est arrêté : la climatisation et le purificateur d’air, mais aussi les fenêtres qui sont fermées. Ainsi les particules resteront au maximum à proximité de leur zone d’émission, dans la pièce réservée à cet effet.

  • Après l’acte, la cloison ferme l’accès à la salle, la fenêtre y est ouverte et le purificateur d’air enclenché. La climatisation peut être réactivée dans la pièce principale de consultation. Il faut 25 min pour s’assurer que toutes les particules en suspension ont été évacuées. Le purificateur d’air, outre son action d’assainissement par le filtre, génère un flux d’air forcé qui facilite la ventilation et l’évacuation des particules. En l’absence de celui-ci, la moitié des particules ne sont pas encore évacuées après une heure d’aération.

 

 

"L'Orthodontie a comme particularités un grand nombre de rendez-vous quotidiens, courts (de 5 à 15 minutes souvent), avec ou sans projections en alternance, sur plusieurs fauteuils souvent dans la même salle de soins, ce qui rend très difficile l'application des nouveaux protocoles dictés par l'Ordre des chirurgiens dentistes. L'étude d'Andheo m'a permis d'objectiver ce risque de contamination croisée et d'envisager les différentes solutions ou aménagements que me permettent mes locaux."

Dr. Antoine Soubrié

 

 

 

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